Article de Presse (Le Dauphiné mai
2002) |
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Le 15 juin, 17 marcheurs
s'envoleront pour l'Inde où ils participeront pendant près de 2 mois
à la première transhimalayenne pour soutenir la cause du Tibet.
Quelques uns des participants venus de toute la France étaient
dernièrement aux Contamines (Haute-Savoie) pour une ultime
préparation.
Etudiants bisontin, ingénieur parisien, paysan narbonnais, ils sont 17 hommes et femmes prets à vivre pendant deux mois en totale autonomie. Pour une émission de télé ? Pas vraiment. Les participants à la transhimalayenne pour le Tibet sont loin d'avoir érigé le vide pour philosophie. Au contraire, ces engagés s'appretent à vivre une sacrée tranche d'aventure en participant à une marche de près de deux mois. Le 15 juin ils s'envoleront pour Dehli, puis partiront pour Dharamsala au nord de l'Inde. Après quelques heures de bus, le 17 au matin, une dizaine de tibétains les rejoindront et la marche commencera. Là, hauts plateaux peuplés seulement de nomades, cols à 5000 m, petits villages isolés au bout du monde les attendent. Une marche pour le Tibet, ça rappellera évidemment quelques souvenirs dans nos contrées. "C'est effectivement une idée qui est née de la Transalpine qui a relié Nice à Genève pendant l'été 2000. Mathieu, un des participants avait dit "à Lhassa l'an prochain". C'était irréaliste, meme le Népal d'ailleurs à cause de la guerre civile. Mais nous avons gardé le projet", explique Benjamin Lisan, ingénieur et président de l'association transhimalayenne. Mais d'une proposition lancée un peu en l'air à sa réalisation effective, de l'eau a coulé dans les fleuves de l'Hymalaya. Surtout que la Transalpine s'était quelque peu finie en eau de boudin, minée par des conflits internes. A priori, grace à cette expérience la Transhimalayenne devrait éviter les écueils: le voyage au long cours est bien préparé, autant sur le plan logistique qu'humain. "Trois critères étaient essentiels pour participer : soutenir la cause tibétaine ou avoir une expérience humanitaire, etre en parfaite santé et avoir une bonne condition physique". Au final, beaucoup d'appelés et peu d'élus (qui se financent eux-meme leur voyage) retrouveront sur place les 10 Tibétains qui feront également la marche. "Si nous restons entre nous, ça ne sert à rien. Là, nous pourrons vraiment partager une aventure." Ces Tibétains ont été choisis par Sonam Don Dhup, l'ami et le contact des premières heures, comptable de formation. " C'est lui qui a organisé beaucoup de choses sur place et il a calculé tout notre budget. Hélas il ne pourra pas etre avec nous." Sonam est en effet parti à New York travailler dans un restaurant de son pays, avant de devoir quitter "Big Apple" pour le Canada après les évènement du 11 septembre. Impératifs professionnels qui ont aussi limité la préparation des français à cette marche. Du coup, les participants ne se connaissent pas tous forcément bien, ce qui peut atre dangereux lorsqu'il s'agit de cohabiter pendant deux mois...
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La marche des Contamines
était leur troisième marche de préparation seulement. Et dans la
grande salle à manger "refuge" du camping de Pontet, on
retrouvait surtout des amoureux locaux du Tibet, les membres de
l'association houcharde du Lion des neiges, venus soutenir devant le feu
de bois les voyageurs. Un dernier rassemblement est prévu dans la
Creuse pour apprendre à marcher ensemble et à se connaitre. Mais
Benjamin Lisan ne se fait pas d'inquiétudes, rassuré de la motivation
montrée par chacun lorsqu'il a fallu se partager les corvées de
préparation au voyage. " Nous sommes tous vraiment animés de
la meme philosophie. "
De fait, l'association ne tombe pas dans l'angélisme dont font preuve parfois d'autres militants de la cause tibétaine. " Je me suis souvent beaucoup posé des questions du genre, "pourquoi parle-t-on plus de la cause tibétaine que d'autres causes ?". Je sais qu'il y a des aspects critiquables. Notamment l'aspect un peu féodal , très rigide dans les relations sociales. Et je ne me voile pas la face, il y a eu parfois des détournements d'aide dans les monastères tibétains. Mais il se passe là-bas une tragédie, humaine, écologique, culturelle d'une importance capitale" , ajoute encore le président de l'association, qui s'est également posée de nombreuses question morales quant à cette marche. Ainsi le groupe a décidé d'acheminer plusieurs dizaines de kilos de vetement ou d'affaires scolaires. " Mais nous ne les donnerons qu'à des écoles. Pas question de donner ça au compte-goutte à des enfants qui vont développer des comportements mauvais pour eux." L'éthique est stricte, ce qui est bien normal pour une marche humaniste telle que celle-là. Toutes ces réflexions montrent en tout cas , que les membres de l'association transhimalayenne ont essayé de penser leur projet de la façon la plus exhaustive possible. Alors bien sur, c'est sur place que les écueils apparaitront. Mais au moins les marcheurs auront-ils mis toutes les cartes de leur coté pour réussir une première qui devrait de pérenniser... Sébastien COLSON _______________________________________________ De 900 à 5600 m La marche qui partira de Dharamsala (siège du gouvernement tibétain en exil) se terminera à Leh, la capitale du Ladakh, région où le fleuve Indus prend sa source. Il s'agira d'une lente remontée vers le nord et la très haute montagne, en restant constamment en Inde. Au début, les membres de l'association Transhimalayenne évolueront dans des paysages boisés entre 900 et 2500 m. Très vite ces paysages apaisés vont céder la place aux reliefs escarpés et désertiques du Zanskar et du Ladakh. Là les habitants seront rares et les marcheurs resteront meme plus de 30 jours consécutifs sans traverser de villes. Ils passeront par le point culminant de leur aventure, le col de pic Kang Yangtse situé à 5600 m, ce qui suppose une très bonne acclimatation. Ils seront en autonomie complète et disposeront de chevaux (un pour deux personnes) pour transporter les vivres. Les étapes feront environ 6 à 7 heures, soit 15 kilomètres par jour pour un dénivelé de 1000 mètres, 30 sans dénivelé. Leur marche devrait prendre fin aux alentours du 3 aout.
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